Projet de solidarité internationale au centre de Balimba
Les enfants de la rue à Sarh, sud du Tchad



TEMOIGNAGES DES ENFANTS DES DEUX FOYERS : FOYER AEPJM et FOYER DE BALIMBA
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De gauche à droite : Luc, Hilaire, Narcisse (en chemise à carreaux).

Au nom de tous les enfants de l’AEPJM (au nombre de 23),

Bonjour, je m’appelle Narcisse NDILBE. Je vivais difficilement au marché : on se nourrissait en fouillant les déchets et en volant. Alors, je priais Dieu chaque jour. Il a écouté mes pleurs et m’a délivré du péché en me confiant à l’AEPJM. Je vais ainsi à l’école. Aujourd’hui, je sais lire et écrire ; j’en suis très content.

Je vie assez bien au foyer et j’aimerais que vous restiez avec nous définitivement. Cependant, le travail vous attend en France. Merci pour votre aide en français et en mathématiques. J’aime votre pays comme le mien et espère un jour vous rejoindre là-bas pour une vie fraternelle.

Enfin, je vous souhaite bon voyage vers la France et vous remercie encore de nous avoir donné votre amour et d’avoir partagé vos connaissances.

Que Dieu vous guide sur le bon chemin et reprenez bien votre travail,

Narcisse
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Témoignage de Luc (voir photo ci-dessus avec Narcisse), foyer Balimba.

PRENOM : Luc
ADRESSE : Centre de Rééducation
VILLE : SARH
RESIDENCE : BALIMBA
PROFESSION : élève en 4ème

Je vous remercie infiniment pour votre séjour avec nous. Vous nous avez aidés financièrement, matériellement, spirituellement et moralement. Que le bon Dieu vous accompagne et rende bon votre retour en France. Je suis de la nationalité Tchadienne, élève en classe de 4ème. J’ai 16 ans. Je suis au centre de rééducation depuis 6 ans A l’âge de 10 ans, je me suis retrouvé au marché pour trouver de quoi vivre, de la nourriture par exemple. Un jour, lorsque je suis venu au centre, j’ai vu que le centre me plaisait. C’est mieux de rester au centre qu’au marché. Je vous demande Claire de me donner un souvenir de la France. Je n’ai ni chaussures et ni habits. Je veux faire de la mécanique automobile, mais il n’y a pas moyen de faire de mécanique.

Luc
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Stanislas, pendant les activités aux champs.

Témoignage de Stanislas KLATAMADJE, centre de rééducation des enfants de Balimba, élève en classe de 1ère.

Joie et plaisir me sont venus aujourd’hui pour vous rédiger un petit témoignage. Dans les années 96, j’étais dans la rue. Peu à peu, j’ai pris conscience de ce qu’était ma vie. Un beau jour, je me suis dit que cette situation étaitt devenue impossible pour moi. Un jour, le directeur du centre Balimba est arrivé à Koumra (ma ville natale), et il nous a demandé qui voulait aller au centre de rééducation des enfants de Balimba. En quittant la rue, j’ai accepté de partir avec lui. C’est difficile de vivre au centre et certains de mes amis ne veulent pas de cette vie. Rapidement, ils sont retournés dans la rue. Moi, j’ai laissé la rue pour fréquenter l’école. Dans la rue, je faisais tout ce qui me passait par la tête : je volais, je buvais des alcools forts, je faisais des choses que je ne peux pas faire aujourd’hui. Au centre, je me consacre à étudier, à changer de vie en recevant des nouvelles connaissances via mes éducateurs. Je suis toujours poli et calme, envers tous mes interlocuteurs. Maintenant, je suis baptisé et cette nouvelle vie chrétienne a changé mes comportements d’avant. Si Dieu le veut, j’espère pouvoir aider le centre un jour ou l’autre, sur le plan éducatif, spirituel, financier, moral. Ce que je dis maintenant à mes amis, c’est de beaucoup étudier, de devenir autonome, responsable, de gagner sa vie. Merci à tous ceux et celles qui vont lire ce témoignage. Recevez mes salutations en Jésus Christ. Amen.

Stanislas
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Rubain (en casquette) et Aaron (à droite).

Témoignage de Rubain YOCUERINA, foyer AEPJM.

Je m’appelle Yocuerina Rubain. Avant, je vivais avec ma mère et ma grand-mère, et j’étais bien avec eux. Il y a ensuite eu une histoire de verre cassé où ils ont rejeté la faute sur moi. J’ai quitté ma famille, j’ai eu envie de rester seul. Je suis parti au marché pour vivre en paix, et après j’ai trouvé des amis qui étaient là aussi avant moi, et après on est devenus des vrais amis.

On se partageait en quatre groupes chaque jour pour chercher quelque chose à manger pour tous. Il y avait les gens qui cherchaient les arachides tombés par terre et le manioc. D’autres cherchaient des patates, des pois de terre, du maïs. Les autres allaient dans les cafétérias pour chercher les haricots qui étaient tombés sur la table, le riz, les spaghettis, la viande, la soupe de poissons. Après on se retrouvait quelque part pour manger les choses tous ensemble. Pendant la nuit, on dormait sous les hangars. A quatre heures, on quittait les lieux. Sinon les gens nous voyaient et nous frappaient très fort. Moi j’ai fait onze mois comme ça. Les encadrants sont passés à la radio pour la communication et ont demandé aux adultes de dire aux enfants qui étaient au marché, de venir au foyer pour leur éducation ; pour apprendre la mécanique, la menuiserie, suivre une formation pour fabriquer le savon et la lessive. Les mêmes encadrants sont allés dans les marchés pour chercher les enfants. Quand ils nous voyaient, ils nous appelaient et nous parlaient. Et plus tard, ils nous ont appelé à nouveau et nous ont dit qu’on était des enfants, donc qu’on ne pouvait pas rester dans le marché comme ça, qu’on pouvait aller au foyer pour recevoir des conseils, être inscrits à l’école, et suivre des formations. C’est pour cela que je suis venu au foyer et aujourd’hui je suis bien au foyer de l’AEPJM.

Rubain
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Témoignage de Aaron (voir photo ci-dessus avec Rubain), foyer AEPJM.

Bonjour, je me présente, je m’appelle Aaron. J’ai 16 ans. Lorsque je vivais avec mes parents, je dormais au marché, et je ramenais le repas pour tous, ramassé sur une poubelle pour manger et vivre avec, ou bien je volais au marché. Les encadreurs de l’AEPJM m’ont trouvé et j’ai accepté de venir vivre avec mes amis au foyer. Tout ce que les encadreurs de l’AEPJM ont fait pour moi, c’est très bon. Grâce à l’AEPJM, je sais lire et écrire. Je remercie tous les encadreurs de l’AEPJM qui continuent leur travail. Les souffrances que j’ai vécues, je ne veux pas qu’elles continuent dans mon pays, et je veux être capable d’aider les futurs hommes à ne pas voler comme moi, à ne pas arracher aux enfants les biens qu’ils envient.

Maintenant, je trouve que c’est bizarre ce qu’on faisait au marché : on ramassait les repas décomposés sur la poubelle et on mangeait pour vivre avec. Je vous remercie beaucoup de nous avoir aidés, que Dieu vous bénisse et aille avec vous. Je souhaite que vous, les français, vous reveniez l’année prochaine. Claire, de retour en France, rappelle-toi de moi.

Aaron
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